Comment jeûner lutte contre l’hypoglycémie

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« Manges ou tu vas faire une hypoglycémie ! »

Nous avons tous entendu cette phrase au moins une fois dans notre vie. Par notre mère avant d’aller à l’école, notre entraîneur de sport avant une compétition ou nos parents avant le cross. Les exemples ne manquent d’ailleurs pas.

Aussi, on connait tous quelqu’un qui a connu une hypoglycémie durant une activité sportive par exemple. Ces évènements, qui peuvent avoir plusieurs explications, tendent à renforcer cette association de sauter un repas (ou ne pas manger) = manquer de sucres (ou d’énergie) = hypoglycémie.

Moi-même, j’entends assez régulièrement des amis me parler d’évènement de ce genre, avec le final très classique du sucre dans la bouche pour rétablir la situation et contre balancer l’hypoglycémie.

Qu’on soit bien clair, jamais je ne jugerais qui que ce soit.

Est-ce de réelles hypoglycémies ? Sommes-nous manipulés par notre organisme qui nous ferait croire à notre mort par manque de sucre ? Au final, est-ce plausible et est-ce que le jeûne en est responsable ?

Ce petit nuage nommé hypoglycémie

En écrivant cet article, une histoire me revient sur notre professeur de SVT au lycée. Il avait l’habitude de nous avoir les deux dernières de la matinée, de 10h à midi. Vers 11h, quand il perdait l’attention de certains, et que les réactions aux questions se faisaient de plus en plus rares, ils nous disaient :

« Certains doivent être sur un petit nuage »

Je ne pourrais me souvenir mot pour mot ce qu’il nous disait, mais il parlait bien d’un manque de sucre et que cela nous rendait mollassons.

Depuis le lycée donc, et même avec un petit-déjeuner riche en glucides, j’ai toujours entendu parler de cette « baisse d’énergie » à cause d’un manque de sucre. Et ça n’aide pas vraiment.

Bref. Avant de continuer, il faut qu’on mette cette histoire d’hypoglycémie au clair.

C’est quoi une hypoglycémie ?

Vous devez savoir que l’hypoglycémie est quelque chose de plutôt grave, qui touche principalement les diabétiques sous insuline ou autres médicaments qui font baisser la glycémie. Les risques pour la santé sont sérieux, l’évanouissement guète et il faudrait faire remonter sa glycémie assez rapidement (manger un truc, IG élevé si possible…) pour éviter des complications.

Cette hypoglycémie-là, ce n’est pas celle qui nous rendait tous mollassons en cours de SVT, non. Nous c’était une sorte d’hypoglycémie réactionnelle. La définition actuelle est controversée, des sites en parlent, des symptômes existent et les femmes seraient plus susceptibles d’en avoir.

Pour ma part, j’explique l’hypoglycémie réactionnelle simplement (comme dans mon article sur le Danio de Danone). Après un repas riche en glucides à IG élevés, ou bien un repas standard type PNNS, la glycémie va grimper en flèche, puis redescendre sous le travail admirable du pancréas. Sauf que la glycémie va souffrir d’une légère, et transitoire baisse en deça de la norme, c’est la fameuse crise d’ « d’hypoglycémie ». Vous avez compris maintenant, votre corps ne manque probablement pas de sucre, mais il aimerait vous le faire croire !

Comment mon jeûne lutte contre l’hypoglycémie ?

C’est mon histoire personnelle que je vais raconter ici. Comment oublier mes années passées où j’étais dans ma voiture, à 17h, 30 minutes avant mes 2 heures de boxe thaïlandaise en train de manger deux Snickers et de boire un lait chocolaté.

C’était tout simplement impossible pour moi d’imaginer faire cette session le ventre vide. Ou bien je risquais le pire (le jeûne n’en parlons même pas).

Il faut dire qu’à l’époque j’étais un sacré mangeur. Toutes les 3 heures en train de manger un truc, et pas forcément le pire, mais je me définissais comme un ogre, qui devait manger sinon j’étais en « manque ». De quoi ? De calorie, de sucres, de nutriments… J’en sais trop rien.

Je me souviens également cette fameuse époque des examens à l’Université, où je révisais des heures durant avec mon pot de miel sur la table, persuadé que je grillais des grammes de sucres pour chaque paragraphe mémorisé.

Bien évidemment, je faisais partie de ces buveurs de café et de thé, qui appréciaient plus le sucre en poudre et le miel ajouté, que le café ou le thé lui-même. Les sucrettes des bars y passaient systématiquement, et qu’est-ce qu’il est bon ce goût sucré !

Puis les choses ont évolués. Tout lecteur assidu du blog sait que je jeûne régulièrement depuis des années maintenant. Je suis passé par différent stade, tout d’abord des jeûnes quotidiens de 16h, puis des jeûnes hebdomadaires de 24h.

En parallèle, mon alimentation se révolutionne petit à petit. Une demi-sucrette dans le café, moins de miel dans le thé, il y a du changement à l’horizon.

Au final, j’ai vaincu mon accoutumance au sucre (cet article pourrait vous y aider). Et même en étant producteur de miel artisanal, avec des centaines de pots à la maison, je ne sucre jamais le café (sauf pour les périodes de maladie où je consomme du miel avec mon thé, mais avec modération).

Pour faire le lien avec le point qui nous intéresse, j’ai donc commencé des jeûnes tout en continuant mes activités sportives. Je tourne en général à deux sessions de sports par semaine (1h30 à 2h par session), un sport de contact (Krav Maga) avec de l’intensif et parfois du technique plus calme.

J’ai voulu tester les limites de mon corps. J’ai donc choisi de faire mon jeûne de 24h le jour de ma séance de sport. C’était à la fois pour me tester à jeun, mais également par souci de confort, car au moins le sport m’occupait l’esprit et me faisait rentrer plus tard à la maison (évitant ainsi de briser mon jeûne trop tôt).

Bref, c’est avec un certain pincement au cœur que j’arrivais aux premiers entraînements, à jeun depuis 22h, avec rien d’autre que de l’eau, du thé ou du café dans le ventre.

  • Je vais faire court : je n’ai jamais fait le moindre malaise.

Peu importe l’intensité de l’activité, peu importe mon état de fatigue, je n’ai eu aucun problème. Et je peux vous garantir que les exercices envoient du lourd à l’entraînement, l’un de mes entraîneurs, lecteur du blog (et correcteur ! haaa) pourrait vous le confirmer.

Appréhension au départ, je me sondais régulièrement durant les exos, j’attendais inconsciemment la venue d’un évanouissement ou je ne sais quoi. Mais rien.

Une fois, j’ai poussé le bouchon très loin. Toujours durant cette journée de jeûne, j’ai choisi de faire 2 km de natation le midi, donc à 16h de jeûne environ. Et c’est avec une horrible faim au ventre que j’ai dû terminer mon après-midi au travail et me diriger ensuite vers la salle de sport.

Là. Autant être honnête. J’ai eu peur.

L’échauffement se passe très bien, rien à signaler, le cœur monte dans les tours, je me donne à fond, ça… roule !

Sauf que. Nous avons un entraîneur, qui se reconnaitra (un autre !), qui nous met le paquet quand il nous prend en solitaire. J’ai passé 7 à 10 minutes avec lui, et là j’ai flippé. Je ne me sentais pas très bien, mais impossible à définir réellement. Ceci dit pas au point de demander de l’aide non plus. Je vous rassure.

Je suis allez voir un pote durant la pause boisson et je lui ai demandé de me remplacer. J’ai poursuivi le reste de la séance exactement comme d’habitude, et aussi intensément (un peu moins qu’avec l’entraîneur ceci dit) et sans AUCUN problème.

Après coup, je pense avoir légèrement paniqué, peut-être trop rapidement mais les faits sont là.

Jamais je n’aurais cru pouvoir faire 2 km de natation et 1h30 de sport de combat complètement à jeun, sans le moindre problème, dans la même journée. Le corps est juste incroyable.

J’ai pu prendre le volant de ma voiture et rentrer chez moi, 25 km plus loin. Un bonheur d’ailleurs en sortant de la salle de sport, l’envie de manger passe à la trappe, on se sent juste trop bien.

Pour la petite histoire, et Steph notre entraîneur pourra confirmer, je ne lui ai dit que 4 ou 5 mois après nos premiers entraînements que j’étais à chaque fois à jeun. Steph savait que je jeûnais mais pas pendant les entraînements ! Quelle surprise en l’apprenant !

En guise de cerise sur le gâteau, voici deux commentaires spontanés recueillis sur la page Facebook du blog.

Hélène, 60 ans.

Aucun problème également pour moi le jeûne de 24 heures à… 60 ans.

Carolina.

2h heures de sport ( 1 h cardio + 1 heure de muscu) apres 30h de jeune, et aucun signe de fatigue. Cest une question de controler le cerveau et le corps suit : )

Où est la ligne rouge ?

Bien entendu, je vous raconte cette histoire en tant qu’expérience personnelle qui ne saurait se substituer à toutes les physiologies et métabolismes qui existent sur Terre.

Ce que je peux dire, c’est que j’étais comme beaucoup avant :

Incapable de vivre sans sucre, incapable de m’imaginer courir à jeun, sous peine de m’effondrer par manque de sucre. J’étais incapable de m’imaginer jeûner non plus, ne serait-ce que 16h.

Mon évolution, à la fois sur le plan alimentaire et sur le jeûne, m’a permis selon moi d’être incroyablement plus sensible à l’insuline (et la science va bien évidemment dans ce sens), et je pense de beaucoup mieux gérer mes réserves de glucides, de gras et leurs utilisations.

Mon expérience ne balaye pas du revers de la main toutes les personnes qui ont effectivement souffert d’une « hypoglycémie ».

Je pense simplement qu’une alimentation correcte, avec des habitudes alimentaires saines (on boit du café pour le café ou pas ?!) et des activités sportives régulières luttent contre les hypoglycémies réactionnelles.

Le corps est une formidable machine qui s’adapte à de nombreuses situations. Sachez que c’est bien après 1 an de jeûne que j’ai tenté l’expérience de la « natation + krava maga » totalement à jeun.

Alors un conseil, on y va progressivement, on améliorer ce qu’on mange et on commence un petit jeûne intermittent, pourquoi pas 16h demain ?

56 Commentaires

  1. Jacques

    Bonjour à tous les audacieux qui veulent en savoir plus sur ce merveilleux moyen d’auto-régulation qu’est le jeûne! Voici mon témoignage: j’ai 66 ans, et au moment où j’écris ces lignes j’en suis à mon 5ème jour de jeûne SANS LE MOINDRE PROBLEME, malgré 1 heure de cardiotrainiing par jour en plus de mes trois ou quatre heures quotidiennes de travaux manuels assez intensifs (en ce moment, c’est plutôt élaguage et bûcheronnage)… Je compte m’arrêter après 8 jours de jeûne (ou avant si par malheur je me tape une hypoglycémie, par exemple…). Bien entendu, je n’ai pas commencé tout de suite par 8 jours de jeûne, je me suis « testé » d’abord avec des jeûnes d’1 jour (30 heures sans manger, en fait), puis deux, puis trois… Et comme j’ai vu que ça se passait bien, j’ai eu envie d’essayer sur une période plus longue. Voilà, vous savez tout. Bon courage à ceux qui voudraient tenter l’expérience ( car du courage, il en faut quand même un tout petit peu, surtout les trois premiers jours quand la faim vous tord les tripes!)…

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    1. Quark

      Tiens je viens juste de me lancer dans exactement la même démarche. Petits jeunes, de plus en plus longs. Puis stage « jeûne et rando » d’une semaine prévu au mois de mai (jeûne type Bucchinger).

      Par la suite je pense plutôt faire des jeûnes style « Shelton » (voir livre cité ci-dessous). C’est à dire des jeûnes strictement hydriques (et même avec eau faiblement minéralisée, ni tisanes, ni café, etc) et repos quasi total (quand bien même étant sportif).

      Le but principal est de lutter contre l’hypertension. Les autres effets s’ils sont là seront autant de cerises sur le gâteau.

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  2. Quark

    Je viens de tomber sur ce blog fort intéressant.

    Cependant je suis un peu étonné de voir l’amateurisme de certaines personnes qui se lancent dans des jeûnes sans s’être bien documentées au préalable. Du coup on lit pas mal d’informations quelque peu erronées ainsi que des personnes s’inquiétant de certains symptômes forts normaux (sécrétions aux yeux) et interrompant ainsi leur jeûne. La liste de tous les symptômes possibles est bien documentée mais il faut la trouver. Ceci étant je ne suis pas le mieux placé pour critiquer car je viens juste de découvrir le jeûne mais j’ai déjà dévoré 3 livres en 15 jours (+sites web, forums, etc) et commence juste à pratiquer.

    Les jeûnes de courte de durée ont une certaine utilité car ils ont un certain effet cumulatif. Mais ceux qui sont vraiment efficaces ont une durée minimum, une semaine n’étant pas excessif. Les symptômes bizarres ne durent qu’environ 3 jours. Ensuite la faim disparait ainsi que la certains symptômes, mais pas tous. Ceci dit les longs jeûnes ont souvent un but thérapeutique Le jeûne est connu pour être redoutablement efficace contre l’hypertension et plus généralement contre les maladies cardio-vasculaires. Très efficace aussi contre l’arthrose et les allergies (c’est bientôt le printemps, si vous voyez ce que veux dire…).

    Maintenant il y a quelques contre-indications au jeûne bien que peu nombreuses. La 1ère étant le diabète de type 1. Mais tout ça se trouve dans les bouquins.

    Il faut savoir que la pratique du jeûne remonte à la nuit des temps: comment ont bien pu survivre nos ancêtres sans prendre leurs 3 repas par jour et à heures fixes. MDR ! Depuis combien de temps mange-t-on à notre faim 3 repas ? Quelques siècles tout au plus je dirais. Combien de temps l’homme habite-t-il cette planète ? A quoi nos gènes sont ils le plus habitués ? A manger comme des porcs avec la régularité d’un métronome ?
    Plus récemment Hippocrate lui-même recommandait la pratique du jeûne. Les meilleures sources d’information datent du siècle dernier et récemment on ne fait que redécouvrir les vertus du manger moins et moins souvent.

    Je vous recommande comme lecture préalable le livre de Thierry de Lestrade: Le jeune une nouvelle thérapie. Ainsi que le documentaire d’Arte avec le même titre qui est peut-être disponible en rediffusion (ou en téléchargement).

    Pour ceux qui veulent approfondir (ou pour des médecins) il y a la fameux « pavé » d’Herbert Shelton: « Le Jeûne ». Un livre pas très bien écrit mais qui est cependant une mine d’informations.

    Il y a aussi ce forum Canadien qui est sérieux et très bien fréquenté:
    http://jeune-et-sante.forumcanada.org/

    Concernant certains anglicismes comme le mot FASTING qui est la traduction de jeûne en anglais, est-il vraiment nécessaire de les utiliser (même s’il y a un homonyme français pour jeûne qui prête souvent à confusion…) ?

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