Le Récit de mon Jeûne

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La découverte d’une méthode

Il y a 4 mois, je n’avais aucune idée de ce qu’était le jeûne intermittent. Comme tout le monde, j’ai entendu parler du jeûne sous la forme d’une cure thérapeutique qui peut durer jusqu’à 1 semaine (voire plus).

J’ai également pu voir des reportages à la télévision, où des centres thérapeutiques accueillaient des personnes en surpoids, malades ou tout simplement mal dans leur peau. Durant le séjour, ces personnes ne devaient rien manger, seulement boire de l’eau et des bouillons de légumes.

Au final, ce jeûne purifie l’organisme, physiologiquement par un processus de détoxification, mais également psychiquement.

Ce jeûne bien encadré, propose des longues marches et ballades pendant des heures (5 heures parfois). Ces ballades sont accompagnées d’expériences dites « spirituelles », les jeûneurs sont invités à réaliser une introspection pendant leur séjour.

Ce n’est que plus tard, bien plus tard, que j’ai découvert qu’il n’existait pas qu’un seul type de jeûne mais une multitude.

J’ai appris l’existence d’une forme particulière de jeûne par Damien sur son site Raccourci-minimaliste. Le jeûne intermittent.

Les multiples facettes du jeûne intermittent

Sur son blog (Raccourci-minimaliste), Damien relève le défi de jeûner par intermittence pendant 6 mois, 19 heures par jour, 7 jours sur 7 ! Une méthode dénommée « Fast-5 ».Sous le choc, je découvre naïvement que le jeûne, et en particulier le jeûne intermittent, est une méthode très bénéfique pour la santé.

Fort d’une énorme base de données disponible à l’IRD, j’ai commencé des recherches sur ce sujet. Je me suis rendu compte d’une part, que la médecine connaissait très bien le jeûne intermittent (et la restriction calorique). D’autre part, les études scientifiques abondent dans ce domaine !

Protections cardiovasculaires, résistances aux inflammations, protections contre les maladies neuro-dégénératives (Parkinson, Huntington, ou Alzheimer), perte de poids, sensibilité des cellules accrues à l’insuline, protections contre le vieillissement et espérance de vie augmentée…Je découvre une méthode qui semble « miraculeuse » pour la santé.

Après des heures, des jours de recherches, j’ai accumulé une quinzaine de références majeures sur le jeûne intermittent et la restriction calorique. Au total, j’ai accumulé près d’une centaine de références générales sur le jeûne intermittent (intermittent fasting en anglais).

Le début de mon expérience

Damien m’a bien volontiers donné des références en la matière sur internet. J’ai découvert un auteur pratiquant une forme particulière de jeûne intermittent : le 16 :8. Explication : cette forme de JI consiste à jeûner pendant 16h et manger durant les 8 restantes.

J’ai lu des articles, des commentaires, j’ai écouté des récits de jeûneurs. Tous convergeaient vers une addiction de ce mode de vie.

Qu’avais-je à perdre en essayant ?

Le 20 février de cette année, j’ai décidé de commencer mon jeûne intermittent 16 heures par jour, toute la semaine.

Les 3 premiers jours

Un mélange d’excitation et de peur commençaient à se faire sentir. L’excitation de démarrer une expérience plutôt hors norme mais la peur inconsciente de manquer de nourriture, voire même de mourir de faim.

Armé d’une bouteille d’eau et d’une solide motivation, je me suis lancé dans une course contre la faim. Les 3 premiers jours étaient grossièrement semblables : 2 litres d’eau bus tous les matins, au moins 7 aller-retours aux toilettes, et un ventre, étrangement, tolérant et silencieux.

Au cours de ces 3 premiers jours, je n’ai jamais ressenti les foudres de mon estomac, gargouillant, criant et m’implorant de lui donner de quoi travailler ! Une paix incroyable régnait dans mon corps.

Un point notable ceci dit, la demi-heure avant de briser le jeûne est la plus délicate à vivre, celle qui demande le plus de discipline pour respecter ses horaires.

Ma fenêtre personnelle

Au cours de mes lectures sur le JI, j’ai appris que l’on pouvait choisir quand jeûner et quand manger. Même si chacun est libre de choisir sa fenêtre, les fenêtres typiques conseillaient de jeûner durant la nuit et la matinée. La prise alimentaire se réalise en début d’après-midi jusqu’au coucher.

Les nombreux retours d’expériences des jeûneurs certifiaient l’efficacité de cette fenêtre dans le succès du jeûne intermittent (en 16 :8). J’arrêtais donc de manger à 22h le soir, pour briser mon jeûne à 14h le lendemain.

Première semaine et première difficulté

Il n’aura pas fallu plus d’une semaine pour me rendre compte de la difficulté d’appliquer au quotidien ce rythme. Non pas à cause d’un manque de discipline ou de volonté, mais à cause des autres.

Le premier week-end arrive avec les repas de famille, les apéros à 11h et j’en passe. J’encaisse mes premières entorses au jeûne. J’essayais de limiter la casse en mangeant le plus tard possible, mais ma résistance ne durait pas longtemps.

Je ne pouvais plus manger le matin, c’était un fait. Nous avions pris l’habitude avec ma petite-amie de manger de délicieux et copieux petits déjeuners. L’arrêt de ma prise alimentaire le matin, signifiait évidemment la fin des petits déjeuners de prince, et ma compagne me le faisait savoir de temps en temps :

Alors on ne pourra plus prendre de petit déjeuner ensemble ?

Il était bien difficile de répondre. Je prenais de plus en plus goût au jeûne mais cela ne devait rester qu’une « expérience ». J’avais donc décidé de faire des « switch » de plages horaires ou de renverser mon jeûne intermittent.

Dorénavant, j’allais donc manger dès le réveil pendant 8 heures, au maximum. Vers 16h, je cessais toute prise calorique jusqu’au réveil. En pratique, cela m’arrangeait. Je suis plutôt nocturne et éviter le repas du soir, la cuisine, la digestion, et la vaisselle était pour moi un gain de temps non négligeable pour lire, travailler, ou faire du sport.

Cela faisait 3 semaines que je jeûnait avec succès. Pourtant, il n’a pas fallu 3 jours pour abandonner purement et simplement ce nouveau rythme. Pourquoi ? Vers 17h à peine, la faim me tiraillait déjà. Jamais je n’avais entendu mon ventre se plaindre autant auparavant. Aux alentours de 18-19h, les effluves des cuisines, des boulangeries et des restaurants me torturaient l’esprit et le ventre.

Finalement, et pour m’achever, les repas du soir de mes amis, de ma bien aimée étaient la goutte de trop. Je devais me coucher le ventre vide, la faim au corps.

Résultat des courses ? J’ai bien eu la preuve de l’efficacité de la première fenêtre dans le succès des JI.

L’évolution de mon jeûne intermittent

Après cette vaine tentative de changement, j’ai repris mon rythme initial. 2 semaines plus tard, je prenais une nouvelle décision, celle de ne jeûner que 5 jours par semaine, du lundi au vendredi.

Le week-end m’était donc de nouveau ouvert aux petits déjeuner en famille, aux brunchs improvisés et même aux repas tardifs dans la nuit (minuit ou plus). Ce changement fut (je ne le cache pas)…salvateur. 3 mois et demi après le début de cette aventure sous la forme d’un 16 :8, j’ai décidé de changer mon JI.

Comme je l’ai énoncé au début de l’article, il existe une grande variété de JI. Cela fait maintenant 2 semaines que j’essaye une autre forme : 24h de jeûne, une fois par semaine.Tous les lundis, je ne mange rien. Si je termine mon repas à 20h le dimanche au soir, je pourrais manger de nouveau lundi soir à 20h.

Les 6 autres jours de la semaine ? Je fais ce que je veux. Petit déjeuner ou pas, grignotage ou pas, j’ai libre choix. Pourtant, je remarque que je suis maintenant moins enclin à prendre un petit déjeuner même si j’ai carte blanche. Dernière remarque, après 3 mois de jeûne pendant 16h, jeûner 1 fois par semaine pendant 24h s’est révélé être d’une facilité presque enfantine.

La suite ?

Dans un article prochain, j’aborderai la facette économique et « santé » du JI. Je note précieusement toutes mes dépenses.

Elles sont catégorisées afin de définir le plus fidèlement possible mon budget alimentaire, le budget d’un jeûne par intermittence.

 

123 Commentaires

  1. julien drouin

    Bonjour,

    Je suis Médecin et nous venons de lancer un site de jeune intermittent.

    Nous jeunons 24H par semaine tous les jeudi. Comme Jeremy.

    Jeûne + Jeudi = JEUNDI

    http://www.jeundi.com/

    Ceux qui veulent rejoindre le mouvement sont les bienvenus. C’est gratuit.

    Julien Drouin

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    1. Carole

      Super, je viens d’aller m’inscrire à la newsletter !

      Reply
  2. jeanne

    Bonsoir
    Suite au message,de Julien Drouin,j,apporte mon point de vue!! Voulant perdre 4 kgs,,j,ai beaucoup lu,sur le jeûne ,et débuter ce jeûne,depuis Octobre 2015!Je suis la première surprise,pas pour la perte de poids,mais que de bons résultats!! Plus aucune douleur musculaire,plus d,allergies,plus dynamique,baisse insuline,et des kilos en moins!! A savoir,je jeûne ,tous les jours,pendant 23 heures,et samedi-dimanche,je mange normalement!! aucune faim,je bois beaucoup d,eau,et suis en pleine forme,malgré mes 64 ans,et une activité professionnelle très intense!! Bien entendu,il faut être bien préparée ,avant de commencer!!
    En plus,moi très gourmande,1 bon repas par jour,désormais,me convient! bonne continuation!

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  3. Julien

    Bonjour, j’ai découvert par hasard le concept de jeune intermittent et suis très séduit j’aimerai de ce fait essayer… En lisant au fur et à mesure les étapes du jeune je me rends compte que je fait très souvent ce genre de jeune sans le vouloir à savoir:
    Que je ne déjeune jamais là matin
    A 12h je ne mange quasiment jamais (sauf fringale et dans ce cas je mange un sandwich, une pomme)
    Le soir nous dînons entre 19h et 21h sauf que le dîner est bien souvent assez copieux
    La question est la suivante ai-je des chances de pouvoir perdre du poids en suivant ce jeune ?
    Je pense pouvoir faire des jeunes 18/6 sans problème…
    J’ai bien 15/20kg à perdre et je me dit que vu que je pratique plus ou moins déjà ce jeune, pourquoi je ne perd pas de poids.
    Faut-il faire ce jeune 7/7j?

    Merci pour votre aide

    Julien

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  4. manon point

    MERCI ! Merci merci Jérémy !
    de m’avoir fait découvrir le jeune intermittent. Je piaffais d’impatience, j’attendais la fin de l’allaitement de mon fils pour commencer, mais finalement, il a deux ans et toujours du bon lait chaud pour le petit dej’ et le goûter, donc je l’allaite toujours et je pratique le 16-8 4 à 5 jours par semaine sans problème pour la lactation (ceci dit, je n’aurais pas essayé s’il avait eu moins de 6 mois en allaitement complet).
    C’est gé-nial ! Mes problèmes de maux de ventre sont quasiment de l’histoire ancienne, je peux à nouveau manger un peu de fromage ou de beurre sans avoir le ventre qui gonfle à vue d’oeil, je n’ai plus ces fringales de dingue qui m’obligeaient à tout interrompre pour me sustenter en urgence (sans gluten, une vraie gageure), je suis moins fatiguée et j’ai une jolie peau (héhé)
    Les matins qui suivent une nuit incomplète (mon fils a deux ans…) le jeûne par contre devient une vraie torture… donc je passe outre ces jours là, il en reste suffisamment d’autres dans la semaine pour que j’en ressente les bienfaits !

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  5. Olivier

    Bonjour, je me permets d’apporter mon témoignage. Depuis pas mal d’années maintenant, mon poids fait le yoyo, en gros en prenant les deux extrêmes ça peut varier de 30 kgs (par ex valeur la plus basse en 2009, la plus haute en 2014). Jusqu’ici je n’avais pas de juste milieu, soit je faisais un régime très restrictif agrémenté de pas mal de sport (surtout en semaine, le we étant moins contraignant), qui me faisait perdre beaucoup, soit je remangeais ensuite normalement, voire plus que normalement, et là pas de mystère, on reprend tout, et même plus (j’avoue que je ne privais pas vraiment, bien sûr). Je suis tombé sur cette méthode de jeûne intermittent en février dernier, mon poids était alors environ 5 kgs au dessous de mon « record » personnel de 2014.
    Au début j’ai commencé doucement, par faire 1 journée de jeûne de 24h00 par semaine, puis assez vite 2. C’était finalement assez facile, je ne mangeais que le soir. En faisant ça, j’ai perdu environ 1kg par semaine au début, puis je me suis stabilisé à -10 par rapport à février. J’ai ensuite évolué pour finalement ne plus manger que les soirs de semaine, soit 5 jours, et à m’autoriser un petit déjeuner le we (mais pas de repas de midi, en même temps je déjeune tard), ce que je fais encore aujourd’hui. Plus qu’un réel régime, je dirais que c’est devenu mon mode de vie, et maintenant que mon corps y est habitué, je n’ai aucun souci pour tenir le rythme, même s’il m’arrive de beaucoup manger les we.
    Finalement le matin ça m’arrange de ne pas déjeuner (juste un café noir sans sucre), je bois beaucoup en journée, le midi à la place du repas je fais du sport (modéré), et quand vient le soir je suis content de manger, mais je ne me jette pas non plus sur la nourriture, je fais un repas relativement normal. Mais je n’ai aucun scrupule à faire un repas plus copieux si j’en ai envie. Et c’est CA le gros avantage, en pratiquant cette méthode, je n’ai pas particulièrement de sensation de faim (l’habitude, sans doute), et le soir je ne me fixe pas d’interdit. Même si j’essaye malgré tout de manger équilibré, mais c’est qqch qui vient tout seul, justement.
    Bilan, depuis février j’ai perdu 18kgs, je pense être en bonne forme physique, et maintenant je perds environ 2kgs par mois, ce qui me semble un rythme plutôt correct.
    Voilà donc mon témoignage, je ne vois aucun inconvénient à cette méthode, je n’ai pas l’impression de me priver, je perds du poids gentiment, j’ai du temps pour autre chose etc… Peut-être la difficulté arrivera-t-elle quand je ne voudrai plus perdre de poids (je suis environ à +10kgs par rapport à mon mini, mais qui était très mini…), il va falloir peut-être manger plus le soir, j’aviserai quand j’y serai.
    Bref, je ne dis pas que ça marchera de la même manière pour tout le monde, chaque organisme est différent, ce que je peux juste dire c’est que je n’ai aucun pb d’aucune sorte après plus de 6 mois de cette méthode, et qu’en plus je perds tous mes kgs superflus assez facilement.

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  6. Eddy Terwinghe

    Bonjour,
    Je ne m’étais jamais intéressé au Jeune Intermittent… mais de fait, je le pratique depuis des années le week-end et pendant les vacances. En effet, les fins de semaine, je ne mange que le soir vers 18 heures. Le reste du temps, je bouge. Badminton, marche, vélo, sans m’alimenter et ce sans aucun problème d’hypoglycémie. Pendant les vacances, nous sommes tellement occupés, entre balades et visites que nous n’avons jamais le temps de manger avant le soir. Et cela peut durer des semaines.
    A propos, j’ai 60 ans ;-)
    Bien à vous,
    Eddy

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  7. Julie

    Salut merci pour ton expérience, je me voyais dans ce récit lol
    Je n’ai pas vu si vous aviez noté une quelconque perte de poids.?

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    1. Eddy Terwinghe

      Strictement aucune perte de poids. J’ai perdu 2 kg quand j’ai arrêté les céréales par contre. Des amis ont eux perdu 8kg en arrêtant le céréales. résultat, ils ont aujourd’hui un poids santé stable et regorgent d’énergie.

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