Cet article est exceptionnellement gratuit et librement accessible pour tous les internautes. Pour soutenir ce travail d’investigation 100% indépendant de l’industrie pharmaceutique et des pouvoirs publics, abonnez-vous ici, et découvrez toutes les enquêtes inédites et exclusives.

On parle d’ivermectine, de Covid-19, de médicament miracle et d’enfumage. Un coup de gueule teinté de science et d’ironie. Attention, ça pique.

Devant d’une boîte de Ziverdo, le kit produit par une société privée en Inde qui contient de l’ivermectine, réputée efficace contre le SRAS-CoV-2.

Mon coup de gueule

Aujourd’hui, je suis passablement énervé.

Je suis comme vous, je souhaite plus que tout au monde qu’on trouve des thérapies efficaces contre ce vicieux coronavirus qui mute et nous rend tous chèvre.

Je souhaite, comme un petit Bisounours, qu’on trouve un remède terriblement efficace pour une absence totale d’effet secondaire, en plus de ne rien coûter et d’être accessible dans le monde entier.

Justement, on entend que l’ivermectine serait ce nouveau remède. Quiconque se dresse contre elle est un vendu à Pfizer qui veut vendre son vaccin, tandis que les autres sont des anges consacrés agissant pour le bien de l’humanité.

Pour ceux et celles qui veulent lire ma position détaillée, scientifique, mesurée et critique sur l’ivermectine dans le traitement du Covid, c’est par ici.

Pour la produire cette position, je me base le plus fidèlement, le plus honnêtement et rigoureusement possible aux études scientifiques à notre disposition. Voilà tout.

Et j’en conclus que nous n’avons aujourd’hui aucune preuve solide de l’efficacité de l’ivermectine contre le Covid.

Et je ne reçois pas le moindre centime de Big Pharma, de Big Food, ni de subvention publique pour dire ça. Vous êtes les seuls à pouvoir m’acheter. Je n’ai aucun intérêt financier ou moral à défendre ou descendre un traitement en particulier.

Alors quand je lis le dernier article publié par le docteur Gérard Maudrux sur le site de l’AIMSIB (initialement publié sur son blog), dithyrambique sur l’ivermectine, je perds mon calme (1).

Je perds mon calme devant ce manque de rigueur scientifique et médicale.

Je perds mon calme devant ces insinuations tendancieuses.

Je perds mon calme devant le manque d’objectivité.

Je perds mon calme devant les critiques à géométrie variable.

Je perds mon calme devant les commentaires extatiques des internautes

Bref, je fais un coup de gueule.

Le grotesque enfumage

D’entrée de jeu, le docteur Maudrux fait miroiter que la FDA, le gendarme du médicament américain, aurait déjà validé l’efficacité de l’ivermectine contre la Covid sur la base… d’un titre d’un article scientifique.

Un article scientifique qui reprend le mot « FDA » simplement pour parler de l’ivermectine qui a bien été autorisé par l’administration. Mais pas pour la Covid, pour la gale et d’autres infestations parasitaires.

Mais l’insinuation est bien là, rampante, peu claire, efficace.

Côté in vitro aussi, le docteur Maudrux ne s’embarrasse pas des détails. Non ce serait trop complexe pour des profanes tels que vous êtes, incapable de saisir l’imperceptible.

Car le docteur repris par l’AIMSIB précise à propos de l’ivermectine que son action in vitro est « prouvée, remarquable, incontestable. »

Comme pour l’hydroxychloroquine peut-être ? Car le docteur Maudrux aurait pu préciser que les effets positifs de l’ivermectine contre le SRAS-CoV-2 ont été obtenus sur des cellules de reins de singe vert africain, dit Vero 6.

Et c’est bien connu, le virus SRAS-CoV-2 infecte principalement les cellules rénales… Non pas vraiment.

Raison pour laquelle plusieurs études in vitro supplémentaires conduites sur des cellules pulmonaires humaines (saines et malades) ont montré l’ inefficacité de l’hydroxychloroquine contre le virus.

Autrement dit, il y a in vitro et in vitro.

Et nous avons répété la même erreur avec l’ivermectine. Nous n’avons aucune idée de l’efficacité de l’ivermectine sur le virus dans des cellules pulmonaires humaines. Pourtant la cible principale du virus.

Alors il faut arrêter de rêver avec ces résultats positifs in vitro. Il faut garder en mémoire qu’une expérience in vitro, c’est comme mesurer la résistance d’une barrière en carton contre un Bull-Dog enragé.

Les résultats sont souvent positifs, « prouvés » et « incontestables », mais ça ne veut rien dire dans la vraie vie où la barrière sera en acier, haute de 3 mètres et notre chien avec une muselière !

Ou en image. Autrement plus clair.

Adapté de : https://xkcd.com/1217/

Il n’y a d’ailleurs jamais eu d’expérience préclinique sur des modèles animaux proches de nous, pourtant nécessaire et représentant l’étape suivante naturelle, comme sur les macaques par exemple.

Nouvelle erreur.

Mais soit, la preuve de l’efficacité de l’ivermectine est incontestable pour le docteur Maudrux sur la base… roulement de tambour… du site c19ivermectin.com ! Probablement l’un des pires sites d’information sur le sujet, avec des informations et des analyses partisanes, tronquées, et fausses qui traduisent un parti pris désolant.

Un site qui mélange des articles de la presse avec des prépublications dignes du journal de Mickey et quelques études un poil plus rigoureuses.

Mais le docteur Maudrux ne prendra pas la peine de parler des nombreuses études positives, non, il nous prévient, « je ne détaillerai pas chaque étude, il y en a de plus en plus, toutes convergent pour donner des résultats cliniques très rapides, disparition des symptômes, du virus, des formes graves, et des décès. »

En revanche, un paragraphe sera dédié aux deux seules études négatives qui seront descendues en flamme tel un Spitfire pris dans l’artillerie antiaérienne adverse.

Des études principalement discréditées à cause du nombre trop faible de patients (entre 26 et 50), de l’âge bien trop jeune de ces mêmes patients (40 ans) et du protocole de soin (de l’hydroxychloroquine mélangée avec des doses trop faibles d’IVM).

  • On retrouve pourtant plusieurs autres études négatives (2, 3, 4, 5) !
  • On retrouve des patients âgés de 40 à 60 ans dans pratiquement toutes les études (positives comme négatives) !
  • On intègre de l’hydroxychloroquine dans pratiquement tous les groupes témoins ! (ou parfois le lopinavir/ritonavir)
  • On recrute toujours très peu de patients, avec des études positives comprenant parfois 7 participants, mais dans ce cas, ça passe !

Toutes les études positives sont d’une qualité méthodologique déplorable.

La mortalité ? Le pompon

L’article publié sur le site de l’AIMSIB ne semble laisser aucune place au doute concernant l’efficacité de l’ivermectine pour réduire la mortalité, notamment en phase précoce.

Et ceci à grand renfort de capture d’écran du site c19ivermectin.com, bien connu des experts de santé publique pour son caractère informatif et sérieux.

J’espère que l’ironie est palpable.

Mais qu’avions-nous à nous mettre sous la dent au mois de décembre 2020 (date de publication de l’article original du dr Maudrux) sur l’efficacité de l’ivermectine en phase précoce sur la mortalité ?

Pas grand-chose. Et je suis très gentil. Aucune publication en bonne et du forme, non, seulement deux prépublications qui relatent des expériences vaseuses, sans groupe contrôle ni randomisation bien sûr.

Vous vous attendiez à quoi ?

Celle d’Hector Carvallo propose de comparer 167 patients à un groupe contrôle qui n’est rien d’autre que l’Argentine ! Oui, on compare la mortalité de 167 personnes à d’autres personnes dont on ignore tout (6).

Les cas légers, graves, très graves, les vieux, les jeunes, les femmes, les hommes, les obèses ou les cardiaques ! Peu importe, on prend le pourcentage de mortalité de l’Argentine et on le compare à notre groupe de 167 chanceux qui a reçu de l’ivermectine, mais aussi de la dexamethasone (connu pour être efficace, vraiment), de l’énoxaparine ou de l’aspirine.

Coup de bol pour les auteurs, la mortalité est de 0.6 % dans leur groupe de 167 patients contre 2.1 % pour l’Argentine, démontrant irréfutablement l’importance de l’ivermectine !

Ou bien, on peut y voir dans ce travail un nombre incalculable de problèmes. Pas de groupe contrôle, ce qui fait perdre tout son sens à ce travail, pas de randomisation évidemment, avec un mélange de plusieurs médicaments, pour terminer sur un travail non publié depuis le 15 septembre.

Le sera-t-il seulement un jour ? Sûrement pas.

Cette étude est-elle informative pour un praticien ? Sûrement pas.

Est-il nécessaire de parler de tout ça ? Ça dépend de ce qu’on veut vous faire croire !

La seconde n’est franchement pas meilleure, elle se ressemble même beaucoup. C’est un brésilien, Flavio Cadegiani, qu’on retrouve à la tête d’une étude sans groupe contrôle, sans randomisation dans une prépublication non relue par les pairs (7).

On commence à avoir l’habitude.

Avec un âge moyen de 40 ans des participants, je m’étonne de ne pas avoir vu bondir le Dr Maudrux sur ce point qui semblait être extrêmement important de souligner pour les deux études négatives qu’il a sélectionné !

Mais passons, les auteurs ont réalisé un tour de passe-passe en comparant un groupe connu de 585 personnes avec d’autres personnes sélectionnées au hasard de la même communauté.

On tombe dans le cadre d’une étude rétrospective bidouillée dans tous les sens, avec des données manquantes pour plus de la moitié des paramètres du groupe « contrôle ».

Et après on nous parle de corrections et d’ajustements…

Cerise sur le gâteau, notre groupe traité n’a pas seulement reçu de l’ivermectine, mais aussi de l’hydroxychloroquine et du nitazoxanide, un autre antiparasitaire à large spectre (8).

Alors oui, notre équipe brésilienne et américaine trouve à la fin des chiffres favorables avec des groupes construits au petit bonheur la chance, dont on ignore la moitié des caractéristiques, et dont le groupe traité a reçu un cocktail de médicaments !

Les auteurs ont même inventé leur propre échelle de confiance pour évaluer leur propre donnée. Classe. 10, c’est super fiable alors que 0 ce n’est pas fiable du tout. Quels sont les critères objectifs de cette évaluation ? On ne sait pas.

Voici donc la soupe scientifique, en phase précoce n’est-ce pas, qu’on essaye de vous vendre à propos de l’ivermectine. Une soupe indigeste.

Non pas que ce soit de la faute des chercheurs, les pauvres ont dû faire de leur mieux avec ce qu’ils avaient, mais pour les praticiens, les décideurs, et tous les autres, ces études n’apportent pas d’éléments fiables, sérieux, ni rigoureux.

Voilà pourquoi je vous avertissais il y a quelques semaines des avantages et des inconvénients des prépublications scientifiques. Autant cela peut être un formidable outil pour partager des résultats de bonne qualité, autant cela ouvre la voie aux études peu fiables, de mauvaises factures qui seront reprises sans recul.

Comme l’étude indienne odieuse sur le lien entre le VIH et le SRAS-CoV-2, fort heureusement rétractée de l’initiative même des auteurs !

Pour être totalement honnête, une troisième et dernière étude vient d’être récemment (9 janvier 2021) partagée sur les plateformes médicales et qui rentrent dans notre catégorie : évaluer la mortalité de l’ivermectine en phase précoce (9).

L’étude est autrement plus intéressante que les deux précédentes, puisque nous avons un essai clinique randomisé en double aveugle contre placebo, en Inde.

Les fameux « RCT » honnis quand ils ne vont pas dans la bonne direction…

Bon sur le papier, c’est chic, mais en lisant dans le détail, c’est moins choc. Si les groupes semblent avoir été randomisés, on peut se poser des questions sur la qualité du double aveugle et de la randomisation, avec des patients exclus pour avoir reçu le mauvais traitement.

Un patient a même été exclu du groupe ivermectine pour avoir reçu… de l’ivermectine ! Erreur des auteurs ? Problème plus grave ? Pas facile de le savoir exactement.

Nos groupes ont aussi des caractéristiques étonnantes. Tous les participants (des deux groupes) on reçu de l’hydroxychloroquine, des antibiotiques, de l’énoxaparine et un bon cinquième du remdesivir, lui aussi connu pour sa terrible efficacité… (vous l’avez senti l’ironie aussi?)

Un savant mélange qui n’aide pas vraiment.

Ils sont d’ailleurs tous plutôt jeunes nos patients indiens, avec une moyenne à 53 ans. Un groupe qui pourra sembler « ridicule » pour le Dr Maudrux donc.

Au final, cette étude ne montre aucune différence significative entre les groupes. Le paramètre principal, la négativité des tests PCR à 6 jours, tout comme les critères secondaires (admission en unité intensive, décharge de l’hôpital, l’assistance respiratoire ou la mortalité).

Concernant la mortalité, on a pourtant une étrangeté. 4 décès, tous dans le groupe contrôle. L’absence d’événement dramatique dans le groupe témoin ne permet pas de calculer et de faire des statistiques sur ce point.

Surtout que 4 décès en l’espace de seulement 10 jours pour une moyenne d’âge plutôt à l’abri des conséquences dramatiques du coronavirus SRAS-CoV-2, on se demande ce qu’il a bien pu se passer avec ces patients et dans cet article.

Impossible de conclure en l’état donc.

Mais tout le monde ne se drape pas de cette prudence scientifique et médicale.

Le Dr Maudrux par exemple, malgré son devoir de prudence et de réserve gravé dans le marbre de la loi et de la déontologie médicale quand on s’exprime en public, n’hésitera pas à être catégorique.

Inde, Pérou ou Sénégal : les périlleux arguments

On retrouve dans l’argumentaire du Dr Maudrux l’exemple édifiant de l’Inde. Ce pays qui a mis au point un kit de survie pour les familles atteintes du Covid avec des antibiotiques, du zinc et bien sûr de l’ivermectine.

En voilà une démonstration tout à fait scientifique ! Percutante, imparable… surtout ridicule.

Car le Dr Maudrux utilise peut-être le pire pays pour sa démonstration.

L’Inde possède une démographie qui la rend particulièrement peu vulnérable à ce virus, avec seulement 6 % de sa population âgée de plus de 65 ans, contre 20 % pour la France (10).

C’est pourtant dans cette classe d’âge là que se trouve la quasi-totalité des décès de Covid-19.

Une illustration vaut mille mots.

Source inconnue.

L’Inde est aussi un modèle démocratique et pacifique dans la gestion de cette crise ! Ils ont déployé l’un des confinements les plus sévères du monde, avec des contrôles policiers qui tournent au tabassage de rue et à l’humiliation publique.

Une restriction des libertés autrement plus sévères et punitives que nous avons pu le vivre.

Mais comme l’Inde a produit un kit d’ivermectine, elle bénéficiera donc des grâces de certains professionnels de santé, au détriment de tout le reste.

Enfin, on a juste un petit malin en Inde, la société RxIndia, qui a lancé une boîte contenant le mélange cité plus haut sous le nom de « Ziverdo Kit » (11) et voilà qu’on extrapole comme quoi l’Inde, son gouvernement et ses officiels ont produit et recommandent ce kit…

C’est exactement la même chose pour le Sénégal, avec une population encore moins vieille que la France – seulement 3 % de la population dépasse les 65 ans – mais cette fois-ci, le Dr Maudrux a le mérite de le reconnaître.

Au Pérou, même combat. Mais cette fois-ci je m’éloigne un poil de l’article du Dr Maudrux pour me rapprocher de celui du Dr Pascal Sacré sur le même site de l’AIMSIB (12).

Un article qui ressemble à deux gouttes d’eau à celui du Dr Maudrux, en plus de faire référence aux analyses de Pierre Kory du Frontline COVID-19 Critical Care Alliance.

Un article du Dr Sacré où le Pérou est montré en exemple pour un déploiement massif d’ivermectine avec les conséquences positives que l’on connaît, ou plutôt que l’on suppose. Car tout n’est que supposition.

On nous parle d’une université péruvienne qui aurait traité avec succès 33 patients grâce à l’ivermectine. Juste en regardant les symptômes. Voilà tout.

Pourtant, une étude publiée en octobre 2020 vient fragiliser l’idée d’une ivermectine salutaire au pays du Machu Picchu.

Une étude rétrospective qui a comparé la mortalité des Péruviens traités avec de nombreux médicaments (dont l’ivermectine) contre un groupe contrôle (13).

Comprendre une étude scientifique et le niveau de preuve qu’elle apporte !

Découvrez deux articles pour à la fois vous former à la compréhension basique des études scientifiques, mais aussi pour découvrir le niveau de preuve que chaque étude peut apporter en fonction de son architecture.

Comme toute étude rétrospective, elle possède d’importants biais et facteurs de confusion qui peuvent être partiellement corrigés par des ajustements.

Dans ce cas précis, l’étude reste fragile par nature, ne permettant pas d’établir de lien de causalité, mais avec un effort évident pour publier des travaux de qualité. En utilisant notamment des correctifs validés et rigoureux, avec le fameux propensity score.

Cette étude est loin de représenter la perfection, et ne saurait se substituer à des essais cliniques contrôlés et rigoureux, mais elle ne démontre aucun bénéfice de l’ivermectine sur la mortalité chez plus de 2.800 Péruviens atteints de Covid-19.

Elle ressemble bien sûr à la méthodologie douteuse utilisée par Surgisphère dans son principe, en utilisant les données de l’assurance maladie péruvienne, mais la chose n’est pas comparable.

Si cette étude ne permet pas de répondre à la question de l’efficacité de l’ivermectine, elle nous rappelle qu’il faut être prudent dans l’interprétation des données et dans les affirmations claironnantes.

Il faudra aussi qu’elle passe la barrière fatidique de la relecture par les pairs, car nous avons toujours affaire à une prépublication avec tous les risques que cela comprend.

L’impossible « je ne sais pas »

Est-ce si difficile de dire qu’on ne sait pas ? J’en ai l’impression.

À la lumière des maigres et frêles études publiées, et des nombreuses études toujours non publiées, il m’est impossible de dire si l’ivermectine fonctionne pour réduire le fardeau du Covid-19.

Je ne sais pas si ça fonctionne. Voilà tout. Ce n’est pourtant pas si difficile à reconnaître en lisant dans le détail toutes les études, et en évitant de tomber dans des attrape-nigauds tels que c19ivermectin.com.

Les preuves sont insuffisantes. Globalement de mauvaises qualité et sous-dimensionné pour faire émerger des différences statistiquement significatives. On mélange de l’ivermectine avec d’autres molécules, on compare des groupes d’individus avec des statistiques mondiales sans rien connaître des patients.

Alors oui, la population attend toujours avec un peu trop d’impatience d’avoir un traitement efficace, simple, peu coûteux et sans effet secondaire. Mais ce n’est pas vraiment nouveau. Nombre de praticiens témoignent de la déception des malades quand ils découvrent une ordonnance vierge.

Quoi ? Aucun médicament ? Oui cela arrive.

Me voilà moins énervé pour avoir clarifié certaines choses. J’ose demander à tous les professionnels de santé qui s’exprime sur ce sujet de faire des recherches bibliographiques complètes, honnêtes et loyales.

J’ose leur demander de faire preuve de prudence et de réserve quand il s’exprime sur un médicament, comme le code de déontologie médical les invite à le faire.

J’ose leur demander de dire « je ne sais pas », quand on ne sait vraiment pas. C’est une preuve d’intelligence et d’honnêteté intellectuelle de le faire quand il le faut. Ce n’est pas une faiblesse, c’est presque du courage.

Pour l’ultime référence faite au documentaire Mal Traités d’Alexandre Chavouet, je ne peux que vous recommander chaudement de lire mon enquête dédiée.

Cet article vous a plu ?

Inscrivez-vous gratuitement à la lettre d'information en rejoignant 10.000 autres abonnés ! Pour vous remercier de votre confiance, un guide complet sur le sucre et plusieurs enquêtes inédites (sur le sang, les dangers poêles, des crèmes solaires, etc.) vous seront offerts !

13 commentaires
    1. Cher Gérard,

      Votre commentaire n’enfreint par la charte de publication du site, donc je ne vois pas pourquoi je ne le publierais pas !

      Je ne trouve aucune trace d’une interview du professeur Hill dans le Financial Times où il dirait ce que vous affirmez. Auriez-vous une source ou des références officiels pour soutenir vos propos ?

      Cela ne m’énerverait absolument pas. Je souhaite plus que tout que l’on trouve un traitement efficace. Mais jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas le cas.

      Avez-vous également des documents officiels sur le fait que Hill soit missionné par l’OMS et que cette dernière validerait le traitement (car cela m’étonnerait beaucoup, et je ne suis pas le seul).

      D’ailleurs j’en profite pour partager avec tous une partie de la conclusion du travail d’analyse d’Andrew Hill où il dit lui-même que les données ne sont pas suffisamment robustes pour autoriser et recommander l’ivermectine. Une position que je partage.

      Voici l’extrait :

      “Malgré la tendance encourageante que démontre cette base de données existante, il ne s’agit pas encore d’une base de données suffisamment solide pour justifier l’utilisation ou l’approbation réglementaire de l’ivermectine.”

      Je me permet de compléter mon commentaire par la suite de la conclusion de l’étude du Pr Hill :

      “Cependant, le manque actuel de preuves de haute qualité ne fait que souligner le besoin évident d’essais cliniques supplémentaires, de meilleure qualité et à plus grande échelle, justifiés pour étudier plus avant l’utilisation de l’ivermectine.

      La dose efficace maximale d’ivermectine doit être clarifiée et les nouveaux essais cliniques doivent utiliser un régime posologique constant sur plusieurs jours, avec au moins 0,4 mg / kg / jour. La dose et le calendrier appropriés d’ivermectine doivent encore être évalués et les essais cliniques randomisés en cours sur l’ivermectine doivent être poursuivis jusqu’à ce qu’ils soient prêts pour un examen rigoureux par les organismes de réglementation.”

      Une analyse qui dit précisément que nous n’avons pas assez d’étude de qualité pour trancher. Et vous pensez que l’OMS est sur le point de valider ceci ?

      J’ai une dernière question, avez-vous seulement lu ce papier ? Permettez-moi d’en douter.

      Au plaisir de vous lire,

    2. L’OMS prendra la même position que le NIH : oui mais non. Aucun ne dit que cela ne marche pas comme vous. Oui les cohortes sont faibles, mais contrairement à HCQ, il n’y a pas discordances entre les études et ils ne sont pas capables de les additionner pour des raisons politiques. Etudes pas sérieuses ? 18 sont RCT, ils n’ont pris que celles là sur une soixantaine pour juger.

      1. Je n’ai pas accès à l’article, mais ce n’est de toute façon pas un article scientifique. Et ce n’est pas parce que un tel dit de se préparer que cela va arriver. Peut-être que oui, peut-être que non.

        Si on croit son travail d’analyse, la même personne dit pourtant qu’au vu de la situation actuelle, rien ne permet d’autoriser ou d’utiliser l’ivermectine.

        Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Andrew Hill dans le document que vous m’avez envoyé. Lisez la conclusion, elle est édifiante.

  1. une très grande probabilité de ne pas se tromper, une tolérance exceptionnelle du médicament pour quelques euros et le droit d’être intelligent plutôt que ne rien faire : pourquoi encore pinailler ?

      1. Mais pour les vaccins par contre c’est open bar et happy hour. Il n’y a pas un problème de ratio bénéfice risques, là ?

  2. Je veux dire que ces molécules sont éprouvées et sûres puisque connues et utilisées depuis des décennies. Elles sont de plus peu coûteuses et auraient dû faire partie de la pharmacopée librement accessible aux médecins généralistes pour traiter en phase précoce les malades. Mais on demande un niveau de preuve à ces molécules qu’on exige pas pour des vaccins, développés dans l’urgence et administrés à des populations saines, le tout dans aucun recul puisque nous sommes encore dans des essais de phase 3 jusqu’en 2022.
    Ais-je le droit de m’interroger sur ce deux poids deux mesures ?
    Traiter des malades en phase précoce avec des molécules connues et une surveillance médicale associée ou injecter des vaccins expérimentaux à des millions de bien portants, qu’est-ce qui vous semble le plus rationnel ?
    On nous parle de vaccins depuis le début. Tout traitement reconnu efficace invaliderait une AMM pour ces vaccins insuffisamment évalués.
    Mais bon. Faut vous avouer que je suis quand même un peu complotiste 😉

    1. Cher Mathieu,

      Mais non vous n’êtes pas complotiste, je vous rassure :)

      Vous vous posez des questions sur ce sujet qui nous concerne tous et vous souhaitez avoir des réponses. C’est normal et heureusement que vous avez le droit de vous interroger.

      Il se trouve que de mon côté, je suis 100% indépendant des firmes pharma et des pouvoirs publics, je n’ai aucun intérêt à défendre un médicament ou un traitement.

      Pour la première partie de votre commentaire sur les médicaments, ce n’est pas parce que médicament est effectivement très bien éprouvé pour une maladie donné qu’il le sera pour une autre. Sur le principe, il ne sera considéré comme pas éprouvé du tout, ce qui est somme toute bien normal puisqu’on propose de faire du repositionnement pour une nouvelle affection. Il est donc tout à fait normal de faire des tests. Je pense que nous sommes d’accords. Pour le fait que le médicament donné soit utilisé depuis des décennies, cela ne veut pas pour autant dire qu’il sera efficace ni sûr. Car, on change de maladie. Par exemple le doliprane, nous avons beau le connaître et l’utiliser depuis des décennies, on ne connait même pas encore son action exact sur l’organisme et il se trouve être très dangereux si pris en excès.

      La “pharmacopée” n’est pas en accès libre aux généralistes. Ces derniers ne peuvent prescrire que les médicaments autorisés et surtout dont le champs d’application rentre dans le traitement de ladite maladie. Les généralistes (et tous les autres professionnels d’ailleurs) doivent prescrire les médicaments éprouvés par la science, et globalement suivre les recommandations des autorités de santé. Ces mêmes autorités qui recommandent d’utiliser l’hydroxychloroquine pour traiter les lupus :) (et les généralistes ont bien raison de suivre la HAS sur ce point)

      Pour la comparaison avec les vaccins, oui, bien sûr, ces derniers ont été développé dans l’urgence. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation dans ce cas-là mais c’est la même remarque que l’on peut faire pour d’autres repositionnements de médicaments. Tout a été fait dans l’urgence, car la situation est urgente et importante.

      Nous n’avons pas de recul à moyen et long terme de l’effet des vaccins, c’est bien vrai. Et c’est le cas pour à peu près tous les médicaments du monde et vaccins qui ont été approuvé en médecine… Nous n’avions jamais de recul à moyen et long terme car aucune étude ne fait cela, elles sont conduites à courte terme, d’où l’intérêt de pharmaco-vigilance pour repérer des effets ratés ou rares avec des complications.

      Au final, les vaccins ont été évalué au cours d’essai clinique randomisé chez près de 100.000 participants, ce qui est infiniment plus que les centaines de patients sous ivermectine ou hydroxychloroquine (peu de patients ont réellement été inclu dans des RCT). Donc sur ce point, l’avantage est donné aux vaccins.

      Finalement, non, tout traitement reconnu comme efficace contre une maladie n’invalide aucun vaccin car ce n’est pas la même chose :)

      Le vaccin et le médicament ne remplissent pas la même fonction. Le vaccin est là pour prévenir la maladie d’apparaître alors que le médicament est là pour traiter cette maladie. Mais j’imagine que vous le savez bien :)

      Quand on trouve un médicament pour une maladie, le vaccin a toujours sa place (quand il est bon) car c’est toujours mieux en terme de coût et de santé de prévenir plutôt que guérir (vous connaissez ce bon et vieil adage) quand les balances bénéfices / risques sont du bon côté bien sûr.

      J’espère avoir répondu à quelque-unes de vos interrogations et vous invite à lire mon article dédié sur les vaccins.

      Il pourrait vous aider à y voir plus clair.
      A vous lire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Tous les commentaires sont soumis à modération à priori. En postant un avis, vous acceptez les CGU du site Dur à Avaler. Si votre avis ne respecte pas ces règles, il pourra être refusé sans explication. Les commentaires avec des liens hypertextes sont sujets à modération à priori. Merci d'émettre vos avis et opinions dans le respect et la courtoisie. La partie commentaire sera automatiquement fermé 30 jours après publication de l'article.